Frontière gréco-turque: un sujet très sensible entre Bruxelles et Ankara

Ursula von der Leyen, Recep Tayyip Erdoğan, Charles Michel

La situation des migrants et des réfugiés à la frontière gréco-turque reste un sujet de discussion très sensible entre la Turquie et l’Union européenne. C’est en effet depuis le week-end du 7 et 8 mars 2020 que des milliers de personnes tentent de franchir la frontière gréco-turque par voie terrestre et maritime. Et cela après que le Président Erdoğan a annoncé que la Turquie ne les arrêterait plus, chose que le pays fait depuis 2016 en échange de l’aide financière de l’UE.

La mesure du Président Erdoğan fait suite à l’escalade des combats dans la guerre syrienne, notamment à une attaque aérienne par les forces syriennes jeudi 5 mars dans la province syrienne d’Idlib, qui a tué des dizaines de soldats turcs.

Le gouvernement grec a déployé ses forces de police anti-émeute à la frontière gréco-turque. Dimanche, il a annoncé qu’il n’accepterait aucune demande d’asile pendant un mois, ce qui a suscité de vives critiques de la part du haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés, et expulserait quiconque entrerait dans le pays de façon irrégulière.

Frontex, l’agence européenne de garde-frontières, a quant à elle lancé un plan d’intervention rapide aux frontières afin de soutenir les autorités grecques.

Mardi 10 mars, le Président du Parlement, David Sassoli, s’est rendu à Orestiada à la frontière entre la Grèce et la Turquie, avec le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, le Président du Conseil européen, Charles Michel, le Premier ministre croate, Andrej Plenković, dont le pays est à la tête de la présidence tournante du Conseil, et la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

L’objectif était d’évaluer la situation sur le terrain.

Lors de la plénière du Parlement les 9 et 10 mars derniers, à l’occasion d’un débat avec la commissaire aux Affaires intérieures Ylva Johansson et Nikolina Brnjac, représentant la présidence croate du Conseil, la plupart des eurodéputés ont critiqué « l’instrumentalisation » politique des questions migratoires récemment « orchestrée » par le Président turc Erdoğan autorisant l’ouverture de sa frontière avec la Grèce.

Certains chefs des groupes politiques ont appelé à une révision de l’accord UE-Turquie pour freiner le flux de migrants en échange d’une aide financière de l’UE. D’autres ont insisté sur la situation humanitaire très difficile, à la fois à la frontière avec la Turquie mais également sur les îles grecques, où des milliers de migrants, dont de nombreux mineurs non accompagnés, sont bloqués.

Source et pour plus d’informations:

Parlement européen

Le Récap’ du Parlement européen (Toute l’Europe)

Crise migratoire : qu’est devenu l’accord entre l’Union européenne et la Turquie ?

Image à la une:

European Union, 2020 – Source: EC – Audiovisual Service