L’histoire vit, l’histoire pulse : l’amitié franco-allemande à l’honneur dans les écoles paloises.

« Si on ne comprend pas l’histoire on ne peut pas comprendre le présent, ni former l’avenir. »
(Helmut Kohl, homme politique allemand, personnage clé dans la construction de l’amitié franco-allemande et dans le processus d’intégration communautaire)

En hommage à tous ceux qui sont morts dans les atrocités du nazisme, à tous ceux qui l’ont survécu et qui ne s’arrêtent pas d’en parler.

Il y a cinq mois que la coopération entre Pistes-Solidaires – Centre d’Information Europe Direct Pau et Pays de l’Adour et le Musée de la Résistance et de la Déportation des Pyrénées Atlantiques a commencé.

Un des volontaires de l’association de Pistes, Enno von Fircks, arrivé dans le sud-ouest de la France dans le cadre de son service civique franco-allemand, a été à l’origine de cette collaboration. Le projet d’Enno était simple : raconter l’histoire franco-allemande et sa forte amitié, afin de renforcer la mémoire collective européenne et d’en faire quelque chose de vivant. Il a donc décidé, en début d’année, de contacter le Musée de la Résistance de la ville de Pau. Les deux côtés se sont vite aperçus que le histoire franco-allemande est encore incroyablement actuelle et présente dans le projet européen et qu’il y avait la possibilité de tirer une leçon et une morale commune de cette histoire partagée.

Après quelques réunions avec les responsables du Musée, une stratégie autour de cet objectif s’est rapidement mise en place. A partir du mois d’avril, le Musée et Enno sont intervenus dans cinq écoles de la ville de Pau : de nombreux témoignages ont fait comprendre aux enfants l’importance de la relation franco-allemande. La rencontre avec les vétérans de guerre a montré très fortement que l’histoire n’est pas quelque chose d’abstrait et de loin, mais plutôt quelque chose de présent et d’évident. Les enfants ont compris que ce que nous vivons aujourd’hui, c’est le résultat de ce qui s’est produit dans la passé et d’une claire et nette volonté de plusieurs pays de vivre ensemble, la France et l’Allemagne les premiers. Les larmes qui se sont écoulées sur les visages des vétérans et des jeunes ont été la preuve que l’histoire souffle encore autour de nous.

Et c’est pour fêter cette réussite, y compris le départ d’Enno (sa mission de service civique se termine à la fin du mois), que le Musée a voulu organiser un petit évènement lors duquel l’amitié franco-allemande a été, encore une fois, mise à l’honneur. Les vétérans ont raconté une fois de plus leur expérience dans ce temps indescriptible qui fut la Seconde Guerre Mondiale. Comme par exemple celle du Colonel Muller qui est décoré de la Légion d’honneur grâce à son engagement pendant la Résistance française. Le Général Marinelli qui était dans le camp de concentration à Neuengamme. Maurice Mandavit qui a survécu la terreur à Auschwitz-Birkenau. Ils ne se fatiguent jamais d’en parler. Malgré l’inhumanité et l’horreur subies, ils ont été prêts à pardonner et à se réconcilier avec Enno, alors avec cette jeune génération allemande qui porte la responsabilité de ses anciens. Ces gestes touchants et émouvants ont fait sentir l’immanence de l’histoire le soir du 10 août dernier.

A la fin c’est Enno qui a pris la parole en tenant un discours autour de l’histoire et l’amitié franco- allemande et de son impulsion pour les actes politiques d’aujourd’hui : la connexion entre la Résistance française et celle de l’Allemagne ; la nécessité d’agir en faveur de cette histoire et de renforcer, au cours de cela, l’Union Européenne comme naissance d’une autre époque de l’histoire… jusqu’au moment d’une Europe vraiment unie.

Pour plus d’informations sur l’histoire du couple franco-allemand ICI

Musée de la Résistance et de la déportation des Pyrénées Atlantiques

Enno a souhaité introduire son discours avec ce poème composé par lui-même:

L’amitié franco-allemande

Née des cendres de nos guerres sanglantes,
née des ruines et des décombres inoubliables,
rendons-nous comptes qu’ on est protégés par elle,
rendons-nous comptes qu’elle est notre paix.

Dunkerque, Oradour-sur- Glane et tous les autres lieux
sont silencieux, bruyamment.
Ils nous regardent, avec les yeux ouverts
et ils nous mettent à la contribution pour elle.

Est-elle un sentiment ?
Est-elle une conviction ?
Est-elle une motivation ?
Elle l’est mais aussi plus,
elle est une attitude.

L’amitié franco-allemande.