Quel rôle pour l’UE dans l’avenir de l’intelligence artificielle ?

17 février 2025

Les 10 et 11 février, Paris a accueilli le troisième sommet international sur l’intelligence artificielle, réunissant 1 500 participants venus d’une centaine de pays. L’événement a porté sur les opportunités offertes par l’IA, en pleine évolution, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’emploi, tout en abordant les préoccupations liées à sa forte consommation d’énergie.

Des dirigeants de grandes entreprises technologiques comme Google, Microsoft et OpenAI ont pris part au sommet, aux côtés de hauts représentants de puissances économiques mondiales : le vice-président américain J.D. Vance, le vice-premier ministre chinois Zhang Guoqing, le premier ministre canadien Justin Trudeau et le chancelier allemand Olaf Scholz.

Organisé sous l’impulsion du président français Emmanuel Macron et du premier ministre indien Narendra Modi, le sommet avait pour objectif de définir des orientations internationales, fondées sur la coopération et l’inclusion, pour encadrer le développement de l’IA. 

Il a aussi souligné la volonté de la France, de l’Inde et de l’Union européenne de rattraper leur retard face aux leaders actuels de l’IA et de jouer un rôle plus fort dans la construction de son avenir.

Une course à la domination de l’IA  

Le monde assiste à une compétition de plus en plus intense dans le développement de l’intelligence artificielle, une technologie désormais intégrée à la vie quotidienne. 

En conséquence, le sommet a reflété un consensus mondial sur la nécessité d’investir massivement dans la révolution actuelle de l’IA.

Actuellement, les États-Unis dominent le secteur, comme en témoigne le succès d’OpenAI et de ChatGPT. Pour maintenir cette position, ils ont annoncé un investissement colossal de 500 milliards de dollars dans l’IA, dans le cadre du projet baptisé « Stargate ».

La Chine, deuxième puissance économique mondiale, n’est pas en reste. Elle a récemment lancé DeepSeek, un modèle d’IA plus rentable, qui renforce encore sa position dans la course mondiale à l’intelligence artificielle.

Pour contrebalancer la domination croissante des États-Unis et de la Chine, le sommet sur l’IA a cherché à mobiliser les efforts européens et à encourager la collaboration avec l’Inde afin de rester compétitif dans ce domaine en pleine évolution.

Selon Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, la course à l’IA est loin d’être terminée. Pour consolider la position de l’Europe sur le marché des technologies, elle a annoncé un investissement coopératif historique de 200 milliards d’euros, le plus important jamais réalisé conjointement par des nations et des entreprises. 

Cette initiative vise à développer une IA « digne de confiance » et à en faire une « force du bien », garantissant ainsi la future souveraineté technologique de l’Europe.

Par ailleurs, la France, deuxième économie de l’UE, s’est engagée à investir 109 milliards d’euros supplémentaires dans l’IA, en présentant fièrement son nouveau champion national, Mistral.

Innovation vs. réglementation : le cœur du conflit au sommet

Si un large consensus s’est dégagé sur la nécessité d’investir massivement dans la recherche en intelligence artificielle, la question de la régulation de ses risques a, en revanche, suscité de vives tensions.

Les dirigeants européens, notamment le président français Emmanuel Macron et la commissaire européenne à la souveraineté technologique Henna Virkkunen, ont souligné l’importance d’une supervision responsable, afin de garantir un développement durable de l’IA sans freiner l’innovation. À l’opposé, les États-Unis se sont clairement opposés à ce qu’ils considèrent comme une « réglementation excessive » prônée par l’Union européenne, estimant que des règles trop strictes risqueraient de freiner les avancées technologiques.

Ce désaccord fondamental entre la volonté d’encadrer les risques et celle de préserver la liberté d’innover a empêché le sommet d’aboutir à un accord commun. 

Les États-Unis, rejoints par le Royaume-Uni, ont refusé de signer le consensus proposé, invoquant des préoccupations liées à la souveraineté nationale et à la régulation.

Ainsi, la course à la suprématie en matière d’IA, tout comme la place que l’Union européenne entend y occuper, demeure pour l’instant incertaine.

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Sources :

Diplomatie.gouv.fr – Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle, 10 et 11 février 2025 (consulté le 17/02/2025)
Euronews – Weltpolitiker und Tech-Giganten treffen sich in Paris zum KI-Gipfel: Macron postet Deepfake (consulté le 17/02/2025)
Le Monde – Sommet sur l’IA à Paris : la France, la Chine et l’Inde signent pour une IA éthique sans les États-Unis et le Royaume-Uni (consulté le 17/02/2025)
Toute l’Europe – Sommet sur l’IA à Paris : l’Europe face au défi de la compétition mondiale (consulté le 17/02/2025)
Toute l’Europe – L’UE annonce un plan historique de 200 milliards d’euros pour l’intelligence artificielle (consulté le 17/02/2025)
Tagesschau – KI-Gipfel in Paris: Europa ringt um eine gemeinsame Linie (consulté le 17/02/2025)
Tagesschau – Europas KI-Strategie: Wie der Kontinent den Anschluss halten will (consulté le 17/02/2025)
The New York Times – Trump, OpenAI, and Stargate: The Future of Artificial Intelligence (consulté le 17/02/2025)

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