REPowerEU : l’UE prévoit la fin des importations de gaz russe
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D’ici la fin de l’année 2027 au plus tard, l’Union européenne prévoit de mettre fin à toute importation de gaz naturel en provenance de Russie. Cette décision a été prise conjointement par les États membres de l’UE et le Parlement européen. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a qualifié cette étape de « l’aube d’une nouvelle ère, celle de l’indépendance énergétique totale de l’Europe vis-à-vis de la Russie »
Stratégie européenne : mettre un terme au gaz russe
Les importations de gaz russe par gazoducs devront cesser complètement au plus tard le 1er novembre 2027. En parallèle, le 19ᵉ paquet de sanctions de l’Union européenne prévoit une interdiction des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe dès janvier 2027. Ces mesures s’inscrivent dans le cadre du plan REPowerEU, présenté par la Commission européenne en mai 2022, dont l’ambition est, depuis l’origine, de réduire fortement la dépendance européenne au gaz russe avant d’y mettre fin durablement.
Avant l’invasion de l’Ukraine, la Russie assurait plus de 40 % des importations de gaz naturel de l’Union européenne. Cette part devrait chuter à environ 13 % en 2025. Pour accompagner cette évolution, l’UE agit sur plusieurs fronts : sobriété énergétique, diversification des fournisseurs d’hydrocarbures, accélération du déploiement des énergies renouvelables et investissements dans de nouvelles infrastructures, notamment les terminaux de GNL.
Le plan REPowerEU suppose, d’ici 2027, près de 210 milliards d’euros d’investissements supplémentaires. Ces montants seront financés notamment grâce aux économies réalisées sur les importations d’énergie russe, à des fonds européens non utilisés issus du plan de relance, ainsi qu’à des subventions européennes pouvant atteindre 20 milliards d’euros. La répartition des aides repose sur des critères tels que la population des États membres et leur niveau de dépendance aux énergies fossiles.
Réserves et résistances : les cas hongrois et slovaque
Les principales critiques proviennent de la Hongrie et de la Slovaquie, seuls États membres à continuer d’importer du pétrole brut russe et à rester fortement dépendants du gaz russe. Face à cette situation, la Commission européenne prévoit un calendrier de sortie adapté pour ces deux pays, avec une échéance fixée à la fin de l’année 2027.
Une refonte profonde de la politique énergétique européenne
La sortie progressive du gaz russe marque un tournant majeur dans la politique énergétique de l’Union européenne. En misant sur la diversification des approvisionnements, le développement des énergies renouvelables et des investissements structurels à long terme, l’UE cherche à garantir sa sécurité énergétique tout en poursuivant ses objectifs climatiques.
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